Gueugnon is so rock'n'roll Kala

Gueugnon is so rock'n'roll




Gueugnon est une commune française, chef-lieu d'un canton regroupant neuf communes, située dans le département de Saône-et-Loire et la région Bourgogne.
10 800 habitants en 1975, moins de 7 800 aujourd'hui. Tout est dit ou presque.
Gueugnon à vécu des forges d'aciers inoxydable. Mais ça, on s'en fiche.
Mercredi 5 octobre 2011. 4 heures à rester bloqué sur Gueugnon entre deux rendez-vous. La punition.
Gueugnon digne représentante de ces gros bourgs/micro-villes que je transperce à longueur d'année au cours de mes pérégrinations rhônalpines bien que professionnelles...
Des villes à Lexomil.
Elles furent mais ne sont plus.
La rue de la République
Le stade
La médiathèque qui a plombé le budget mais fait plaisir au maire
Les rues désertes bordées de rideaux métalliques baissés jouant très sérieusement leur rôle de sentinelles de l'ennui
L'inévitable monuments aux enfants de la commune morts pour la France
L'église fermée
Les pompes funèbres dont l'embonpoint du tenancier démontre la bonne marche des affaires
Le PMU quasi vide, mais ou la patronne tutoie et connait le prénom de tous ceux allant siffler la main tremblante et l'haleine hasardeuse leur premier canon de blanc du matin,
L'habituel tag de la micro caillera, grenouille rurale voulant se faire aussi grosse que les bœufs des cités chaude. (mais "nique la police" ça s'écrit normalement "nik la police", petite grenouille)
La piste cyclable qui ne sert à rien, puisque les vélos passaient ailleurs avant même que l'idée qu'une telle piste puisse exister se fasse jour
Les vieux
Le bruit d'un talon qui résonne sans faire peur si ce n'est la peur de l'ennui
Le facteur dont les 15 h hebdomadaires n'enlèvent rien aux revendications syndicales
Le cantonnier, fournisseur officiel du quart du chiffre d'affaire des troquets du coin
L'usine, l'employeur unique dont on imagine sans peine le patron se promenant en faisant le paon
Le match de foot du dimanche
Les vitrines des bouchers et pâtissiers ou les parts sont un poil plus grosses qu'ailleurs et ou l'on sent que ce sera meilleur qu'ailleurs comme si c'était le dernier fil d'araignée reliant l'autochtone à une certaine idée du bonheur.
Les places de stationnement libres, désespérément libres.
Le magasin chasse/pêche/coutellerie/aliments pour animaux.
Ce silence, cet horrible silence.

Ceci n'est bien entendu pas un cri d'amour pour ces centaines de communes, j'aime juste la mélancolie qui me vient quand je pense à ce qu'elles ont été et à ce qu'elles ne seront plus jamais.
J'aime la déprime qu'elles m'offrent. Mais uniquement parce que je peux les fuir plus vite que je n'y suis arrivé.
Comment vivre sans énergie ?
L'urbain, le vrai, est mon oxygène.